Lorsque Martin Page m’a parlé l’été dernier du projet de livre de préfaces qu’il avait, j’avoue, j’ai été un peu jalouse. Tout simplement parce que c’est une idée géniale, rien à redire.
Pendant un temps je ne lisais évidemment ni préface, ni postface, ni notes de bas de pages. Un jour tournant et retournant dans mes mains mon Folio de L’Education Sentimentale, pourtant déjà bien corné, j’avisais en fin de volume un petit texte signé Proust “La beauté grammaticale chez Flaubert”. Ce texte m’a bouleversée, il m’a révélé ce que devait être la critique littéraire
Depuis, au cas où un tel miracle se reproduise, je les lis systématiquement. On va vers un texte parce que d’autres vont en parlent, et la préface en est le moment d’aboutissement, avec le plaisir de la lecture tout proche. Par ailleurs il s’est trouvé que certains auteurs ont écrit dans leurs préfaces leurs plus beaux textes, véritables oeuvre en elle même, dont l’éclat se marie avec celui du texte qui le suit.
Je pense en particulier à la préface de Paulhan pour Histoire d’O, le texte qui m’a fait littéralement devenir fan absolue de Paulhan, mille fois meilleur que le faible Histoire d’O, à celle d’Albert Camus pour les Iles de Jean Grenier, à la préface de Paul Morand pour La Chartreuse de Parme, celle de Pauvert pour Le Voleur de Darien, ou à la superbe (tout arrive) préface de Sartre pour Aden Arabie de Nizan.
D’autres préfaces ne seront jamais écrites hélàs. Blondin aurait dû préfacer Les Deux Etendards, ou Philippe Muray les livres de Houellebecq. Barbey d’Aurevilly aurait dû préfacer La femme abandonnée de Balzac.
Chez Rue Fromentin, je tenterai tant que possible de faire préfacer les rééditions ou certaines oeuvres originales. Chercher le casting idéal est un exercice amusant.
Ah oui et puis pitié pas d’universitaires. Est ce que quelqu’un lit les gros volumes boursouflés de la Pléiade, avec les “notes et variantes” à la fin, qui n’expliquent rien de ce que l’on voudrait savoir?
Mots-clefs : Barbey d'Aurevilly, Jean Grenier, Jean Paulhan, Philippe Muray, Préface
13 mars 2009 à 17:37 |
Hum, ce blog est une très bonne préface à ta maison d’édition…
16 mars 2009 à 10:50 |
Merci, c’est gentil !
19 mars 2009 à 11:19 |
Il y a des universitaires plus fins que certains écrivains. Et qui savent écrire. Je t’assure.
Bonne idée, en tout cas.
bises !