En ce moment je travaille avec un graphiste sur la maquette et la couverture des livres de Rue Fromentin. C’est quasiment le plus important, parce que lorsque vous vous lancez, il est d’autant plus important que vos livres attirent l’oeil. Je ne suis pas bibliophile, et ne me suis jamais intéressée aux papiers, aux tirages numérotés, mais j’attache énormément d’importance à l’allure des livres et la typo.
Chaque fois que je vais Caligliani, je suis soufflée par la beauté des livres les anglo saxons, même, et surtout par leurs collections de poches à petit prix. Un de mes directeurs artistiques préférés est ainsi David Pearson, qui a fait un travail exemplaire sur la collection Penguin Great Ideas :



J’aime tellement cette collection que je souhaite m’en inspirer ouvertement pour mon premier livre.
En France, on a quoi?
On a eu Massin, bien sûr, mon adolescence a été hantée par les couvertures des Folio :

Et Jean-Jacques Pauvert, avec notamment sa géniale collection Libertés, jamais égalée :

Mais après c’est tout. Les livres sur les présentoirs des librairies sont – à quelques maisons près, comme Naïve - d’une laideur confondante. Chez Gallimard ils ont décidé de faire peau neuve, et ont saccagé consciensieusement l’équilibre inquiétant, trouvé par Massin, avec une affreuse typo de couleur pour le titre et l’auteur. Quant aux collections de poches, soit on navigue dans le franchement laid ”J’ai lu”, “Presse Pocket”, et “Le livre de poche”, soit dans le chiant /ringard, comme chez Garnier Flammarion. Ce qui est intéressant c’est que la laideur de la conception a été clairement assumée lors du lancement du “Livre de Poche”, il s’agissait de créer une collection dont l’allure assumait clairement le côté bon marché et jetable de l’objet, et en France (ce qui n’arriverait jamais au Japon par exemple), ça veut dire : moche.
Et enfin si vous voulez lire un avis complètement opposé au mien, je vous recommande le (très beau) texte de Michel Houellebecq sur “J’ai Lu”, dans son volume d’articles publié chez Flammarion (Interventions 2).
Tags : David Pearson, Jean-Jacques Pauvert, Massin
6 mars 2009 à 15:53 |
Salut,
Oui c’est important. Le peu d’attention qu’on porte aux couvs en France est un problème. Toute cette laideur affichée (ça change) donne une idée de la conception de la littérature des éditeurs. Passons.
Je ne sais pas si tu connais le formidable texte de Philippe Forest sur Houellebecq :
http://www.leoscheer.com/blog/2007/10/24/188-le-roman-le-rien-a-propos-de-michel-houellebecq-et-du-nihilisme-de-philippe-forrest-1999
6 mars 2009 à 16:20 |
Merci pour le lien, je ne connaissais pas cet article.
Je ne suis évidemment pas d’accord avec ce qu’il raconte, mais c’est tellement bien écrit que je crois je lui passe tout…
6 mars 2009 à 23:41 |
Sais-tu que David Pearson fait aussi depuis quelques années la maquette des françaises éditions Zulma ?
7 mars 2009 à 10:35 |
Non, je ne savais pas ! En fait je suis un peu sévère dans cet article, il y a quand même un certain nombre de petites maisons qui font des trucs pas mal. Mais l’impression d’ensemble, sur les tables nouveautés, est plutôt du côté de l’ennui…
11 mars 2009 à 10:51 |
Il y a aussi Le vingt septième livre, de Nabe, paru l’an dernier (en préface..) de la ré édition du Régal des vermines, qui est une lettre à Houellebecq, à lire, vraiment à lire…
16 mars 2009 à 10:51 |
Merci, cee, je note.
9 avril 2009 à 14:58 |
La couverture de Colette, on dirait un peu Gruau ?
10 avril 2009 à 14:39 |
C’est un Gruau je pense.